Troglodium             Living underground

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Auto-construction

           Le tout a commencé en 1982, les maisons homogénéisées en vente m'intéressaient peu, les modèles inspirants étaient inadéquats pour notre climat ou inutilement compliqués. Je décidai donc de bâtir la mienne et, tant qu'à faire, y mettre une touche personnelle.  Puis j'entendis parler des murs de 'bois cordé', léger, solide, économique et facile à exécuter, m'en fallait pas plus. J'achète les bûches, les pèle, les coupe et les range près du site pour utilisation ultérieure.
           Du même élan j'ai la chance de visiter 2 maisons du coin faites avec cette technique. Grande déception. J'aimais le look intérieur de ce type de mur, moins son aspect extérieur et le problème de fissures autour de chaque bûche m'annonçait des hivers peu confortables. Il est pratiquement impossible d'enrayer ses fissures car les matériaux en cause ne réagissent pas de la même façon avec l'humidité ambiante. Le ciment est inerte tandis que le bois se rétracte ou gonfle selon le degré d'humidité. La façon de régler le problème est de calfeutrer chaque bûche ou de mettre sur la surface extérieure un autre fini. Bardeaux de cèdre, parement de bois, vinyl, simili-bois...ciment-sable...stucco...
           Je planchais avec ces possiblités lorsqu'un copain me parla d'un colloque à Montréal sur les maisons souterrainnes...???.... Je m'esclaffai et me vît  dans une grotte obscure... humide.....  Normal, normal... Quelques jours plus tard j'ai fini par comprendre que c'était ma solution idéale pour la finition extérieure, tous les avantages à long terme inhérent à cette approche ont abolis mes réticences.
 Le lendemain je franchis les 300 km pour acheter à Montréal (le colloque était déjà terminé) tous les livres que j'ai pu trouver sur le sujet. Mes plus utiles furent ''Earth sheltered residential design manual'' by the Underground Space Center de l'université du Minnesota et ''Corwood masonry houses'' by Robert L. Roy qui est régulièrement mis à jour ici.  Retour au bercail, étude intensive, élaboration de plans (croquis) puis confirmation de mes calculs par un architecte qui pense encore et quelques bons trucs pour le néophyte que j'étais. Bon investissement.

           Faut dire qu'à l'époque mes seules expériences de construction se limitaient aux châteaux de sable. Ce n'est pas une farce. Ce type de construction ne demande aucune expertise tant que la vigilance et que des neurones encore fonctionnels soient  disponibles. Une méthode qui pourrait faire frémir académiciens et ingénieurs, bois cordé sous la terre?  Rassurons-les tout de suite, le mur extérieur enfoui est protégé par une membrane élastomère comme pour tout mur de béton en de telles conditions. Le fait d'être sous terre ne les inquiète guère car ils ont amplement d'expertises et de datas avec le béton mais les murs de bois cordé sous terre?  Niet.
           Situé au sud du Québec, à 300 mêtres d'altitude, façade orienté Sud-Sud ouest, vents dominants de biais et protégé par des conifères contre les vents hivernaux. Par ici la terre gèle à plus d'un mêtre et demi de profond. Les extrêmes climatiques vont de -30 à + 30 degré celsius, mais les besoins énergétiques (pour les murs enfouis) tournent autour du point de congélation et en bonus nul facteur vent. Par une journée ensoleillée et à -30 je peux me permettre d'ouvrir les portes vers 1 PM pour ventiler et expulser la chaleur excessive accumulée car les rayons obliques d'hiver pénêtrent profondément. J'aide aussi ma cause en ne tondant pas l'herbe sur le toît pour ombrager la toiture en été et empêcher les vents de balayer la neige l'hiver. La neige étant un bon isolant il est avantageux de l'utiliser toutefois il faut en tenir compte lors des calculs de charge car lourde est la neige printanière mouillée.
            Tous les matériaux de cette maison ont été recupérés, poutres d'une école en démolition, plancher de chêne d'une maison brulée, fenêtres en aluminium neuves d'un vitrier qui a fait de mauvaises mesures, tuyaux de cuivre, briques, madriers, éviers....De nos jours ce serait plus difficile, à tout le moins plus dispendieux car il y plus de gens à l'affût et les récupérateurs/démolisseurs ont augmenté leurs prix sur ces matériaux usagés de qualité. Ce qu'ils étaient contents de se débarasser est dorénavant une source de revenu. Il n'y a que les rondins de cêdre que j'ai acheté neuf et encore là qu'à une fraction du prix car ils ne concordaient pas aux exigences du manufacturier de bardeau. Son transport a coûté plus que le bois ! Les rondins devraient être idéalement entre 12 et 22 cm de diamètre car trop gros il faut les fendre et trop petit entraîne une plus grande proportion de ciment ce qui augmente le labeur et les coûts. J'aie eue la bonne intuition, à l'époque, de mettre les bûches fendues à l'étage inférieur (qui fût recouvert d'un stucco pour amplifier la réfraction lumineuse) et garder les sphériques pour le haut. Le cèdre est selon moi l'idéal car il est commun, anti putrescent, a de longues fibres, facile à écorcer et, en bonus, les bébittes ne l'aiment pas. Aussi il y a les mélèzes, pruches, pins, épinettes, cyprès, sapin Douglas, bouleaux... évitéz les bois trop mous tels le tremble, sapin baumier, peuplier... ou les bois-francs qui réagissent trop aux variations d'humidité.
            Après toutes ces années ce qui m'épate le plus est son esthétique unique, son entretien minimal et les économies d'énergie autant en été qu'en hiver. Quelques habitudes de vie ont toutefois dûes changer dont l'évacuation à la source des humidités de douche et de cuisson, ne pas ventiler lors de journées chaudes car l'air chaud et humide risque de se condenser sur le bas des murs plus froid. Je n'ai plus besoin de déhumidificateur mécanique en juin et juillet depuis que je ventile de nuit pendant ces canicules.
             Au début des années '80 les maisons souterraines étaient innovantes, écolos et prometteuses pourtant il y en a encore très peu. On en est toujours au même point sur le baromêtre d'acceptabilité, e
lles sont encore considérées avant-garde !!?!!

                                                                           









































































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Maison 2 étages et établi



 




S'intègre aux saisons


 





Acoustiquement parfait


 





Mur rond







Lumineux